Le SEPM critique l'étude de Google sur l’apport de la presse

Le Syndicat des Éditeurs de Presse Magazine (SEPM) dénonce l’étude de Google, dévoilée le 21 mars, qui estime minime l'apport de la presse aux revenus du moteur de recherche. “Le SEPM déplore que, comme elle le fait dans les négociations avec les éditeurs depuis des années, Google assène des prétendus résultats sans transmettre les données sous-jacentes permettant leur vérification et le débat contradictoire. Sans ces éléments, les conclusions avancées ne sont que des allégations invérifiables”, souligne le syndicat. Selon la filiale d’Alphabet, “les contenus d'information dans le moteur de recherche n'ont pas d'impact mesurable sur les revenus publicitaires". Google note toutefois une baisse de 0,8% de l'utilisation du moteur de recherche parmi ses utilisateurs actifs quotidiens sur l’ensemble des 1% d’utilisateurs sondés.
“Les "résultats" annoncés par Google ne sont donc pas le fruit d’une étude scientifique sérieuse mais constituent en revanche une attaque frontale et assumée des fondements mêmes du droit voisin”, estime le SEPM. Il critique entre autres la méthodologie de cette enquête menée dans huit pays (Belgique, Croatie, Danemark, Grèce, Italie, Pays-Bas, Pologne et Espagne), de mi-novembre à fin janvier. Parmi les points évoqués, la durée du test estimée à 78 jours : “il est impossible de capter des changements d’habitudes des utilisateurs sur une période aussi courte. De plus, lors des débats devant le Tribunal des activités économiques de Paris, Google a reconnu elle-même ne pas avoir défini la durée précise pour ce test, évoquant une période pouvant varier entre un et six mois selon les résultats observés.”
Pour rappel, le SEPM avait fait appel au Tribunal des activités économiques de Paris pour bloquer en France ce test. La justice avait donné raison au SEPM en février, empêchant Google de mener cette experimentation.