Martin Ajdari (ARCOM) : « accroître les ressources globales des médias, sans que personne n’y perde »


Invité mercredi par le Syndicat national de la publicité TV (SNPTV) rebaptisé officiellement l’Alliance Des Médias TV & Vidéo (ADMTV) pour sa traditionnelle matinée annuelle d’échanges, le nouveau président de l’ARCOM Martin Adjari a fait part dans un discours de plusieurs propositions et pistes d'action face aux mutations du paysage audiovisuel, à la concurrence accrue des plateformes numériques et à la nécessité d'assurer un équilibre durable dans l’écosystème des médias.
Ainsi, le président du régulateur a-t-il encouragé les groupes TV à créer un point d’accès unique, à l’instar de RadioPlayer pour la radio, afin de faciliter l’accès à leurs contenus via les smart TV, se disant « à (leur) disposition pour faire avancer ces discussions et trouver des solutions communes rapidement ». M. Ajdari a en outre décliné l’agenda et le contenu de la consultation publique qui sera lancée « vers la mi-avril » sur l’usage de la ressource rendue disponible par le retrait du groupe Canal+ de la TNT payante. Une consultation qui sera suivie d’une étude d’impact, publiée au début du mois de juillet 2025. Pour lui, elle devra déterminer un nouvel équilibre entre l’amélioration de la qualité technique du service, une éventuelle augmentation de l’offre ainsi que la soutenabilité financière.
Publicité clandestine et placement produit dans le collimateur
Martin Ajdari a en outre pointé la question des « asymétries concurrentielles », citant la réglementation publicitaire et les questions de transparence. Concernant la première, il avance « l’interdiction à la télévision de la publicité pour les opérations de promotion de la distribution », un des « premiers sujets dont on m’a parlé depuis ma prise de fonction ». Selon le président de l’ARCOM, il faut « collectivement chercher des solutions, visant à accroître les ressources globales des médias, sans que personne n’y perde ». Il annonce en outre que « prochainement » sera lancé une réflexion sur les règles relatives à la publicité clandestine et sur celles applicables au placement de produits dans les programmes de flux.
L'application équitable des règles d'encadrement aux plateformes
M. Ajdari a également indiqué avoir pris connaissance de deux orientations d’un rapport d’inspection qui a été divulgué mardi dernier : la première, applicable à la radio, « semble acter l’inefficacité de certaines mentions légales et invite à leur refonte » ; la seconde, « plus importante » à ses yeux, fait de « l’application équitable des règles d’encadrement aux plateformes un préalable à tout relèvement des exigences », et elle invite à réviser les règles européennes en la matière, en particulier le principe du pays d’origine. « Je pense que se sont sur ces orientations que nous devons travailler ces prochains mois », a-t-il plaidé.
Concernant la seconde asymétrie observée, celle du fonctionnement du marché publicitaire, le président de l’ARCOM observe : « En France, le marché publicitaire média est transparent, avec la loi Sapin et grâce à Médiamétrie. Celui de la publicité digitale l’est moins, puisque les plateformes sont le plus souvent propriétaires de leur système de mesure d’audience, avec des méthodes de calcul souvent opaques ». Il salue donc les travaux en cours du comité cross vidéo de Médiamétrie, disant l’ARCOM « évidemment prête à y contribuer ».