Féminicide : un traitement médiatique « insuffisant » selon Aurore Bergé
Le traitement médiatique des féminicides est "insuffisant", a estimé lundi la ministre chargée de l'Égalité femmes-hommes Aurore Bergé, jugeant essentiel un "engagement fort" des grands groupes de média audiovisuels.
Je "pense qu'il y a un traitement médiatique qui est aujourd'hui insuffisant" sur ce sujet-là, a-t-elle dit à plusieurs médias, dont l'AFP. "Cela mérite qu'à un moment les présidents de groupes de médias" audiovisuels "s'engagent". "Je ne parle pas du traitement éditorial, ce n'est pas à moi de dire comment l'information doit être traitée" mais "ce que je veux, c'est que ce soit traité", a-t-elle ajouté. "La responsabilité première, au-delà de celle de l'auteur (du féminicide, ndlr), c'est d'abord celle de l'État", a-t-elle poursuivi. "Je ne me défausserai jamais de mes responsabilités. C'est d'abord à nous de répondre et à nous de vérifier que la loi est suffisante et qu'elle est suffisamment bien appliquée." Mais pour la ministre, qui va "convier autour de la table l'ensemble des présidents des groupes de médias audiovisuels publics et privés", les médias ont aussi un rôle à jouer car les féminicides sont encore trop souvent "traités sous l'angle du faits divers" alors que "c'est un fait de société". En 2023, 96 femmes ont été victimes de féminicide conjugal en France, selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur publié en novembre.
Depuis le début de l'année 2025, "il y a 20 féminicides", a indiqué Aurore Bergé. "Ça fait 28 orphelins. Ce n'est pas une femme qui est morte. Cette femme, elle avait un nom, un prénom, un métier, des enfants, des collègues, des amis". Selon un récent rapport de l'Arcom sur le traitement des violences sexistes et sexuelles dans les programmes d'information, plus de la moitié des séquences analysées en 2024 présentaient une affaire de violence sexiste et sexuelle comme "un fait divers isolé" et non comme un phénomène de société. Dans ce document publié mi-mars, le gendarme de l'audiovisuel insistait sur l'"obligation légale" pour les chaînes de télévision de diffuser chaque année "des programmes et sujets contribuant à la lutte contre les préjugés sexistes et les violences faites aux femmes."