US : un parlementaire s’attaque à la « censure » des réseaux sociaux par les gouvernements étrangers
Alphabet, Meta, Amazon, Apple, Microsoft, TikTok, X et Rumble sont cités à comparaitre
Le président d'une commission parlementaire américaine veut que huit grandes entreprises technologiques rendent des comptes sur de possibles tentatives de "censure" de la part de gouvernements étrangers, deux semaines après un discours du vice-président des Etats-Unis sur le "recul" de la liberté d'expression en Europe.
Jim Jordan, qui dirige la commission judiciaire de la Chambre des représentants, a envoyé mercredi des citations à comparaître aux dirigeants d'Alphabet (Google), Meta, Amazon, Apple, Microsoft, TikTok, X et Rumble (plateforme de vidéos). L'élu exige de ces entreprises qu'elles fournissent des informations sur leurs communications avec des gouvernements étrangers, "concernant le respect des lois, réglementations, ordonnances judiciaires ou autres initiatives gouvernementales en matière de censure à l'étranger", d'après un communiqué. "La commission doit comprendre comment et dans quelle mesure les gouvernements étrangers ont limité l'accès des Américains à la liberté d'expression aux États-Unis, et dans quelle mesure l'administration Biden-Harris a aidé ou encouragé ces efforts", a déclaré M. Jordan, cité dans le communiqué. Il y a deux semaines, le vice-président américain JD Vance s'était livré à une violente charge contre "la censure" et le "recul" de la liberté d'expression dans les pays européens. "À travers l'Europe, la liberté d'expression est en retrait", a-t-il lancé lors d'un discours devant l'élite diplomatique mondiale, réunie pour la Conférence sur la Sécurité de Munich, en Allemagne, au sujet de la guerre en Ukraine. Les citations envoyées par la commission mentionnent notamment le règlement sur les services numériques (DSA).
Entré en vigueur l'an dernier, il vise à faire respecter au sein de l'UE des limites à la liberté d'expression, généralement définies par le droit national existant, comme l'interdiction des insultes racistes en France ou la diffusion de symboles nazis en Allemagne. "Le DSA autorise la Commission européenne à imposer des amendes jusqu'à 6% des revenus mondiaux d'une plateforme si elle ne se conforme pas aux demandes de bureaucrates européens", fustige Jim Jordan, avant d'évoquer d'autres lois sur la modération des contenus au Royaume-Uni, au Brésil et en Australie. Dans le communiqué, il souligne que "X s'est opposé à des ordonnances judiciaires anarchiques au Brésil et en Australie imposant des retraits de contenu à l'échelle mondiale". X, anciennement Twitter, appartient à Elon Musk, devenu l'allié et bras droit de Donald Trump. Le président américain a menacé cette semaine d'infliger 25% de droits de douane à l'Union européenne, estimant que sa raison d'être était d'"entuber" les États-Unis. l'UE "est le plus grand marché de libre-échange au monde", a répondu mercredi un porte-parole de la Commission européenne dans un long communiqué. "Et elle a été une aubaine pour les Etats-Unis."