La première édition n’était déjà pas très élogieuse pour les entreprises, la deuxième est franchement inquiétante. Interrogés sur la sincérité et la transparence des discours et plus largement de la communication institutionnelle des entreprises, plus d’un Français sur deux (51%) n’accorde pas (ou assez peu) de crédit aux messages qu’elles émettent, soit 8 % de plus qu’en 2010. Comme souvent, la confiance est moins remise en cause lorsqu’il s’agit de sa propre entreprise. « Il y a une vraie rupture générationnelle entre jeunes et quinquas. Les 18/24 sont 57 % à croire le discours de l’entreprise, alors que les Quinquas sont 30%, souligne Edouard Rencker Pdg de Makheia Group. Ce qui est assez bizarre quand on sait que les entreprises voient généralement dans les quinquagénaires leurs plus fidèles collaborateurs. » Et d’analyser : « Le rapport qu’entretiennent les jeunes avec les médias et leur manière de consommer l’information, font qu’ils ont plus de recul que leurs aînés, élevés à la langue de bois, à la chaîne d’info unique… »
Lorsqu’ils sont interrogés sur l’item de la confiance faite aux entreprises pour les informer sur elles-mêmes, une fois de plus les Français ne sont pas tendres, puisqu’ils ne sont que 28 % à les considérer comme des sources dignes de confiance. Il est toutefois intéressant de voir qu’elles sont plus crédibles que la télévision (27 %) mais moins que la presse (56 %), la radio (50%) et internet (47 %).
Parmi les types d’entreprises, les PME et les TPE suscitent plus de confiance que les grandes entreprises. De même que certains secteurs – notamment ceux de l’énergie et de la banque – sont beaucoup plus chahutés que d’autres. « Il s’agit d’une méfiance envers la communication d’entreprise et non pas vis-à-vis de l’entreprise elle-même, reprend Edouard Rencker. Pour preuve, le palmarès d’attractivité de 100 entreprises publié chaque année par le magazine L’Express donne des résultats quasiment inverses du nôtre. C’est donc bien une histoire de com. » Ce qui est problématique pour les entreprises, qui ne peuvent se passer de communiquer, mais aussi pour les professionnels de la communication, dont on pourrait déduire qu’ils ne font pas, ou mal, leur travail ! « Notre travail se limite malheureusement souvent à être les porte-voix des discours, des slogans l’entreprise. La communication est jugée coupable d’être un instrument du mensonge, déplore Edouard Rencker. Notre métier était déjà considéré comme un métier de rigolos, il ne faudrait pas qu’il soit désormais considéré comme nuisible. Les Français attendent de la transparence des entreprises, et plus de responsabilité dans leur communication. » Et de conclure : « Il faut donner aux gens les moyens de vérifier l’information que leur est délivrée. Il faut refondre les process d’analyses des marques et simplifier les dispositifs de prise de parole des entreprises. Enfin, la profession n’est pas assez encadrée et labélisée. » Raison pour laquelle la plupart des institutions représentatives du métier travaillent actuellement de concert à la mise en place d’ici quelques mois d’une norme ISO 26000, sur la responsabilité de la communication.